La compagnie
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Le travail

Chorégraphe et danseuse polymorphe, Balkis Moutashar aime les écarts de genre : formée à la philosophie et à la danse contemporaine, elle a travaillé dans les milieux du music-hall, du théâtre, de la performance, de l’art contemporain… et se passionne pour le mouvement dansé, scruté précisément par l’analyse du mouvement ou pétri d’imaginaire, à rebours de tout académisme mais préoccupé par sa propre forme.
La question de l’écriture du mouvement est centrale dans son travail : quel(s) mouvement(s) porte-t-on sur la scène aujourd’hui, quelles sont ses origines, ses occurrences, et comment l’appréhender ? Que dit-il du corps contemporain ?
Pour mettre en œuvre ces questions, elle développe un travail du corps précis et exigeant qui s’appuie sur la décomposition du mouvement, la dissociation du corps et les accumulations de différents états, forgeant au fil du temps différents outils de composition (tels les « demi-corps ») pour construire une écriture singulière de la diversité.
Chaque création veut ainsi explorer de nouveaux territoires chorégraphiques et esthétiques, et travailler des questions de porosité entre les catégories, de pluralité des formes et des possibles, revendiquant une diversité qui se fait le miroir de la complexité salutaire des êtres et de leurs identités dans le monde contemporain.

 

Historique

Après plusieurs travaux entre la performance et les arts plastiques, elle fonde la compagnie Balkis Moutashar en 2009, et crée cette année-là 6 yeux, un visage et deux pieds (pour le moment), un triptyque en collaboration avec un homme de théâtre, un chorégraphe et un plasticien-performeur, pour le festival Dansem à Marseille. La même année verra la création de Lautrétranger, une rencontre surprise avec un danseur de hip-hop algérien. Cette pièce, commandée par Les Bancs Publics pour le festival Les rencontres à l’Echelle, ira ensuite visiter le Centre Culturel d’Oran en Algérie.
La compagnie se structure plus précisément en 2013, et crée Les Portes Pareilles, une pièce traçant un chemin entre danse contemporaine et music-hall. Cette pièce a connu plus de 35 représentations depuis sa création à KLAP Maison pour la danse à Marseille pour le festival Dansem, du CDC Les Hivernales à Avignon à des centres de vacances CCAS en passant par différentes scènes conventionnées, réalisant le désir d’aller à la rencontre de différents public qui avait présidé à sa création.
En 2013 toujours, elle réalise A quelle distance sommes nous des autres ?, un duo in situ pour un espace public recouvert d’une multitude de tapis, dans le cadre d’une commande pour la Capitale européenne de la culture Marseille Provence 2013.
Elle crée ensuite Intersection en 2016, un quatuor qui explore la structure des corps en relation avec la machinerie du théâtre, au KLAP Maison pour la danse à Marseille, avec le soutien du Ballet National de Marseille. Cette création, qui propose une sorte de plongée dans les méandres du corps et du vivant, lui permet d’ancrer plus profondément l’écriture de la danse dans une connaissance sensible des structures du mouvement. Toujours en 2016, et explorant une esthétique diamétralement opposée, elle crée un court solo sur une proposition de la Friche la Belle de Mai, Shirley, qui revisite étrangement la figure de la diva.

 

Elle commence en 2018 un cycle de deux créations autour du vêtement, du costume et de leur pouvoir de transformation du corps, et crée début 2019 De tête en cape, une pièce pour le jeune public autour de la question du costume et de la métamorphose, entre déguisements d’enfants, culture populaire et traditions carnavalesques.Elle continue ce cycle en 2019 et 2020 avec un projet en plusieurs parties autour de l’histoire du costume, Attitudes habillées.

Photos © Mirabelwhite